« C » comme Carême, et comme…

Un carême à l’école de Thérèse de Lisieux
Les derniers documents du Pape François font de multiples références à la sainte carmélite Thérèse de Lisieux. Peut-elle nous aider à revisiter les piliers du Carême (la prière, le jeûne et le partage) sous le signe de l’Espérance jubilaire ?
« C » comme confiance
Le point de départ de la Petite Voie de sainte Thérèse, c’est la grande découverte de l’amour miséricordieux de Dieu. Cet amour se manifeste pour elle lors d’événements précis, et se difracte dans sa vie tout entière. A l’école de Thérèse, nous apprenons qu’il est primordial d’ouvrir notre cœur à la confiance : confiance totale en ce Dieu plein d’amour, et confiance en nous-mêmes puisqu’il nous a créés tels que nous sommes.
Saurons-nous, comme Thérèse, accueillir le don de Dieu dans nos vies, et le laisser se déployer ? Prendre du temps pour repérer les touches de Son amour et en rendre grâce ?
« C » comme Vie Cachée
Sainte Thérèse a scruté dans la liturgie et l’Evangile le mystère de Jésus qui la fascinait, qui l’attirait follement. Et elle a découvert que notre Dieu se révèle en se cachant souvent sous d’humbles apparences : l’Enfant de la crèche, le Crucifié du Golgotha, l’Hostie consacrée… Pour le rejoindre dans Son humilité, elle a fait le choix d’une vie cachée, comme Marie à Nazareth. Elle a compris que « ce qui est faible dans le monde, voilà ce que Dieu a choisi » (1 Co 1,27). Alors elle s’est mise à aimer sa faiblesse, non pour s’y complaire, mais pour laisser Dieu venir Lui-même la chercher. C’est la voie de l’espérance en un Amour qui nous sauve de nous-mêmes pour nous transformer en Lui…
Saurons-nous faire un peu de tri dans nos vies, dans nos besoins parfois superficiels et égocentrés, pour tourner notre regard vers le Dieu qui s’est fait « faible et souffrant pour notre amour » (Ms A, 44v°) ? Oserons-nous présenter à Jésus les replis de nos cœurs, pour qu’Il les embrase de son amour ? Pourrions-nous demander au Christ sa grâce pour pratiquer particulièrement une vertu pendant ce Carême ?
« C » comme charité
Avec une grande audace, sainte Thérèse a ouvert son cœur au « Cœur divin débordant de tendresse » (PN 17). Non pour vivre des émotions mystiques, mais pour se laisser consumer par cet Amour, et pour faire plaisir à Jésus… Elle a compris que l’Amour reçu ne pouvait rester enfermé dans son cœur : il lui fallait le répandre sur les âmes, en commençant par aimer vraiment les sœurs avec qui elle vivait, non pas avec des sentiments, mais avec des actes. C’est la voie de la charité que Thérèse nous ouvre : « aimer, c’est tout donner, et se donner soi-même » (PN 54), à l’image du Christ donnant sa vie pour ceux qu’il aime.
Souhaitons-nous devenir des missionnaires de l’amour de Dieu ? Des fontaines qui reçoivent les flots de l’amour de Jésus pour étancher la soif de nos contemporains ? Ne nous étonnons pas si le chemin de la réalisation de ce désir nous fait passer par la Croix, d’une manière ou d’une autre… Nous croyons que la fin du Carême n’est pas le Vendredi Saint, mais le dimanche de la Résurrection !
En marche !
Notre Carême n’est pas d’abord une affaire d’effort, mais un grand acte d’espérance en l’amour de Dieu victorieux de tout mal. Que sainte Thérèse de Lisieux nous obtienne le double amour qu’elle a demandé pour elle-même aux bienheureux du Ciel !
Relire sainte Thérèse…
« ‘Passant auprès de moi, Jésus a vu que le temps était venu pour moi d’être aimée, Il a fait alliance avec moi et je suis devenue sienne… Il a étendu sur moi son manteau, Il m’a lavée dans les parfums précieux, m’a revêtue de robes brodées, me donnant des colliers et des parures sans prix… Il m’a nourrie de la plus pure farine, de miel et d’huile en abondance… alors, je suis devenue belle à ses yeux, et il a fait de moi une puissante reine !…’ (cf. Ez 16,8-13). Oui, Jésus a fait tout cela pour moi, je pourrais reprendre chaque mot que je viens d’écrire et prouver qu’il s’est réalisé en ma faveur ! » Ste Thérèse de l’Enfant-Jésus (Ms A, 47r°)
« (…) Mon cher petit frère, ne croyez pas m’effrayer en parlant de ‘vos belles années gaspillées’. Moi je remercie Jésus qui vous a regardé d’un regard d’amour comme autrefois le jeune homme de l’Evangile. (…) Comme moi, vous pouvez chanter les miséricordes du Seigneur, elles brillent en vous dans toute leur splendeur… Vous aimez St Augustin, Ste Madeleine, ces âmes auxquelles ‘beaucoup de péchés ont été remis parce qu’elles ont beaucoup aimé’ (cf. Lc 7,47). Moi aussi je les aime, j’aime leur repentir, et surtout… leur amoureuse audace ! » (LT 247)